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vendredi 7 juillet 2017

Autant en emporte le Vent : Réponse ouverte au youtubeur Durendal

Bonjour, cher ami

Petite précision : comme je l'ai dit dans l'un des commentaires à propos de ton épisode 50, je ne suis pas spécialiste des techniques cinématographiques. J'ai dût tourner dans ma vie une dizaine de vidéos, toutes de plus mauvaises qualités techniques les unes que les autres, et je ne peux m'enorgueillir de connaître quelques termes du métier que j'ai pécho par-ci par-là sur internet ou ailleurs.

Je ne suis que ce qu'il est convenu d'appeler un spectateur, un amateur de cinéma.

J'adore tes vidéos et celles du fossoyeur (notamment j'ai particulièrement apprécié ta critique de Twilight !) et selon l'adage, on sait que qui aime c...ontredit bien.

Je vais donc discuter uniquement du point de vue scénaristique à propos de ta critique d'Autant en emporte le Vent


(Je laisse le soin aux lecteurs de trouver par eux-mêmes la dernière partie, le moteur de recherche de Youtube sera votre ami.)

Pour commencer, je suis parfaitement d'accord avec ce que tu dis en intro, au cours de l'extrait (5e mn à peu près) : Autant en Emporte le Vent n'est PAS une histoire d'amour. C'est une parfaite idiotie de croire que c'est un film romantique, ou une histoire d'amour.

AELV (je vais abréger ainsi pour aller plus vite), est l'histoire d'un traumatisme. Il se sert d'un personnage : Scarlett O'hara, pour montrer qu'en grandissant, on s'aperçoit que la vie est une défaite, car elle ne nous apporte jamais ce que nous désirons.

Accrochez-vous, amis lecteurs qui passez par là par hasard, parce que ça devient philosophique, j'ouvre ici une longue une parenthèse : Si vous n'aimez pas la réflexion morale ou éthique, vous pouvez passer votre chemin. Sinon, bienvenue. Poursuivons.

Avant de se demander si le sens de la vie c'est de répondre à nos désirs, une question plus importante se pose :

Que nous désirons ?

Pour certains, la célébrité, pour d'autre, la richesse, pour d'autres, se marier avec l'être aimé (c'est le cas de cette pauvre Scarlett). Mais ces différents désirs peuvent être résumer par les mots de Nietzsche : la volonté de puissance.

Tout désir, en fin de compte, se ramène à celui d'avoir le puissance de réaliser nos désirs. Le succès social - quel que soit la forme qu'il prend, richesse, célébrité, etc. -

Et ce film est parfaitement anti-niezschéen 😁. Il démolit le fantasme de la volonté de puissance qui sommeille en nous.

Je vais spoiler directement : inutile d'attendre la fin de votre lecture et, si vous n'avez pas vu ce film et que vous ne voulez pas le voir, alors voici le dénouement : Scarlett O'hara n'obtiendra jamais ce qu'elle désire tout au long du film : à savoir : vivre en couple avec le bel Ashley.

L'histoire est à l'origine bien sûr celui du roman de Margaret Mitchell, femme sudiste ayant vécu bien après la guerre de Sécession, mais qui en a vu les conséquences. Dès lors, il est logique que le film soit pro-sudiste, et qu'il montre le point de vue du vaincu.

En quoi cela est-il scandaleux pour autant ? Il s'agit certes d'une apologie d'une civilisation reposant sur l'esclavage, et nous sommes, aujourd'hui, tout plus ou moins conditionnés pour être indignés et révoltés contre l'esclavage. Moi pas plus qu'un autre ne souhaite revenir à une époque où nous asservissions les noirs dans les plantations de coton.

Mais au-delà des sentiments que l'esclavage nous inspire, il faut se rappeler que nous sommes très mal placés pour juger nos aïeux : issus d'une culture qui a été chamboulée par de nombreux événements historiques, rappelons que notre vision actuelle des chose, c'est la logique que vainqueur a imposé, et qui progressivement, a acquis sa légitimité dans nos esprits. Petit parallèle historique : la France n'a aboli l'esclavage que bien après l'Union : il faut attendre un décret décembre 1905 pour que l'esclavage qui persistait sous des formes camouflées et tolérées depuis 1848 dans les colonies Africaines soit définitivement interdit - et son application a encore pris quelques temps !

Evitons de regarder de haut des sudistes qui défendaient leur intérêt, certes, au dépens des esclaves - et je me réjouis que le Nord ait pu apporter la liberté à la population noire (quoique les nordistes ne traitèrent pas forcément les noirs avec beaucoup plus de dignité, mais c'est un autre débat), en cherchant à imposer au Sud un modèle économique nouveau -, parce que nous sommes culturellement conditionnés à ne pas aimer les esclavagistes.

Il reste que ce film n'est pas un film d'amour, nous sommes d'accord là-dessus. C'est un film sur la désillusion de la défaite. Malgré tous ses efforts, Scarlett O'hara n'arrivera jamais à ses fins. Elle épousera deux hommes (jamais celui qu'elle souhaite), deviendra riche en exploitant des bagnards pour faire marcher une scierie, deviendra une femme d'affaires, cruelle et rapace. Rien à faire : elle demeurera toujours, cette éternelle demoiselle insatisfaite qui ne peut pas avoir le seule chose qu'elle désire vraiment : le beau Ashley pour elle toute seule.

Scarlett n'est bien sûr qu'une personnification de la défaite de la Géorgie, une personnification de la désillusion des sudistes vaincus. Elle sert de canal au récit du film celui du traumatisme de la défaite.

Et il est intéressant de voir que moins Scarlett ne parvient à ses fins, plus elle se durcit, plus elle devient dure, cruelle, et antipathique à nos yeux.

Je ne vais pas reprendre ici toutes les étapes de ta chronique, cher Durendal, mais m'arrêter sur quelques points de la deuxième partie :

En apéritif, ta réaction à propos de « Sherman ! » m'étonne un peu, puisque c'est un film sur l'histoire de la guerre de Sécession américaine. Nous faisons me semble t-il de même en France à propos des guerres napoléoniennes, et lorsqu'on cite Victor Hugo s'exclamant : « c'était Blücher ! »...

Je suis d'accord avec pas mal de choses que tu dis ensuite, j'aimerais juste revenir sur deux points :
Le premier, c'est la manière dont les nordistes sont présentés : le film ne présente pas les nordistes (individuellement) comme des méchants : la scène où on les voit jouer aux cartes ne montrent pas des êtres particulièrement vicieux, ce sont des personnes qui s'occupent durant un siège, avec une activité qui n'est pas violente en soi.

Plus tard, lorsque la réunion du KKK aura été éventé, les soldats nordistes qui viennent à la maison des femmes sudistes restent courtois ; ils frappent avant d'entrer (il y a même un suspens un peu ridicule à ce moment-là), et restent polis pendant tout le dialogue. Politesse des vainqueurs en pays conquis, sans doute, ce qui les rend odieux et insupportables à leurs hôtes, mais objectivement, on ne peut nier que l'hostilité vient du côté des personnages sudistes.
On assiste d'ailleurs là à une scène curieuse et intéressante : la scène est typiquement celle d'un sudiste qui cherche à montrer sa bonne foi, non pas en faisant du vainqueur un monstre, mais en insistant sur ce qu'il ressent face à cette invasion (invasion de la maison par les soldats nordistes comme invasion du territoire par l'Union).

A un moment, (vers le début de la seconde vidéo) j'ai retenu ce que tu disais par rapport au fait que les sudistes avaient voulu la guerre et qu'ils devaient l'assumer : il me semble alors que tu te places du point de vue du vainqueur, c'est une position facile. 

Il est vrai que la Confédération a voulu cette guerre, mais on peut dire la même chose des Etats-Unis qui ont voulu la guerre d'indépendance Américaine de 1775, ou de la guerre de 14-18 en France ( : je profite d'ailleurs de l'occasion pour m'inscrire en faux contre les hypocrisies qui veulent que cette guerre n'était pas voulue, alors que toute la littérature populaire Française de l'époque exprimait son désir de revanche sur la défaite de 1870 ! Il serait bien miraculeux que seuls nos gouvernants de l'époque aient échappé à cette esprit de la revanche..! Nous oublions souvent que nous aimons nous donner le beau rôle nous aussi, et que, comme le dit Erasme : « car quel est celui qui ne regarde pas sa cause comme la bonne ? » (propos attribué à Erasme par Stefan Zweig. dans sa biographie)

En conclusion, j'en viens à un passage de ta vidéo qui m'a beaucoup marqué : l'épisode de l'esclave affranchi qui s'exclame : « A muuule !? »
Il est vrai qu'il s'agit d'une représentation caricaturale qui a tout lieu de t'énerver, je le comprends. Mais il s'agit d'une caricature d'une réaction qui est historiquement véridique.
Les Sudistes se sont effectivement beaucoup moqué des noirs qui étaient plus intéressés par une mule que par une terre.

Il faut se rappeler que les noirs fraîchement affranchis, découvraient pour la première fois de leur vie la jouissance du droit de propriété : les esclaves ne pouvaient rien posséder. La terre, ils la travaillaient cependant tous les jours.

Annoncer à un esclave affranchi qu'on lui offre une terre, c'est proclamer qu'on se moque de lui : pour lui, la terre est synonyme de travail éprouvant.

A côté de çà, l'esclave n'a jamais pu posséder de bête de somme. Quand on devait transporter des sacs de coton jusqu'à une grange, l'esclave le portait sur son dos.
La mule représente pour lui non pas un surcroît de travail, mais au contraire une diminution de sa charge de labeur, parce que la mule va transporter le sac de coton à la place du dos de l'ancien esclave.

Il n'est donc guère étonnant que le noir affranchi soit plus émerveillé par l'idée de posséder une mule qu'un lopin de terre.

C'était une réaction courante à l'époque, et les sudistes, effectivement, ne se sont pas privés d'y voir une idiotie et de s'en moquer, parce que comme toi, ils ne comprenaient pas ce que pouvait représenter la possession d'une mule pour un noir affranchi.

Voilà, j'espère ne pas avoir dit trop d'âneries, il est possible aussi que je me trompe dans mon interprétation. Ceci dit, AELV est loin d'être dans mes films favoris, je ne suis donc pas mécontent d'avoir eu, avec tes vidéos, quelques arguments pour le critiquer aussi.

vendredi 27 mai 2016

Le cas Lhermitte

Cela fait bien quelques temps que je n'avais pas écrit sur ce blog, qui tombe un peu en déshérence au milieu de mes multiples activités... Et pourtant ! Jamais je n'avais envisagé de le délaisser ainsi. Je ne sais si je pourrais un jour reprendre une activité weblogueuse régulière, mais profitons du moment présent, le reste suivra et... advienne que pourra, somme toute.

Ce soir - ou cette nuit, plutôt - je suis de retour de l'avant-première lilloise de La Nouvelle vie de Paul Sneijder de Thomas Vincent, adapté du roman Le cas Sneijder, de Jean-Paul Dubois, et avec Thierry Lhermitte dans le rôle principal (d'où le titre de ce billet). Et c'est, je le réalise, la première fois que je poste une critique sur ce blog-ci, depuis que j'ai fermé mon ancien blog de rôliste amateur de cinéma... Il faut dire qu'à l'origine, ce blog se voulait strictement documentaire, et quasi-professionnel (puisqu'il était un outil de préparation au métier de professeur-doc auquel je me destinais), mais la vie réserve bien des détours et des circonstances étranges, et ce blog en est le signe : d'abord j'ai dû, pour diverses raisons, y héberger une somme d'articles ludologiques et rôlistiques, lorsque j'ai abandonné l'un de mes sites web, ce qui l'a rendu assez *hybride* ; et puis, je l'ai délaissé pendant une grande période... après que ma vie ait pris diverses orientations dans ce monde et cette société du mouvant...

Ceci dit, je ne suis pas là pour vous raconter ma vie, mais plutôt celle de Mr. Sneijder... Ou plutôt, pour ne PAS vous la raconter... Je ne voudrais pas spoiler un film dont l'intérêt certain, est d'en découvrir toute la richesse. Et après avoir lu cette phrase, vous comprendrez toute l'estime que j'ai pour ce film.

D'abord, c'est un rôle particulier pour Thierry Lhermitte, que je n'étais pas habitué à regarder ainsi, dans la peau d'un personnage plutôt dramatique. Et cependant, le film ne manque pas d'humour... Comme ce blog, donc : un film hybride, entre un cynisme certain - et des dialogues sérieux, aux enjeux tendus -, et des passages très drôles, l'équilibre se révèle harmonieux, presque parfait :
l'humour ne nuit pas à l'importance de l'intrigue et de la détresse du héros, mais offre une détente bienvenue, et un ton décalé, léger sur un problème éthique personnel grave. Il navigue ainsi entre le drame et le thriller urbain.

Je dois ajouter que, malgré cela, le film ne tombe jamais dans une dénonciation caricaturale de la société actuelle, mais sait exprimer avec finesse et subtilité un vrai drame humain, tant psychologique que sociétal et, en un mot, humain.

Quelques mots de l'intrigue : suite à un accident d’ascenseur, la seule victime survivante, Paul Sneijder, qui a perdu sa fille dans le drame, subit des pressions de la part de sa famille (recomposée) et des avocats, pour entamer des poursuites judiciaires contre les compagnies responsables de la construction et de l'entretien dudit ascenseur...
Traumatisé par l'événement, Paul Sneijder quitte son travail pour devenir gardien de chiens, et cherche sa propre solution pour survivre au drame qu'il a vécu et reconstruire sa vie.

Il m'a beaucoup fait penser au livre d'Albert Camus, L’Étranger, car il met en scène une personne qui parle un langage différent de celui de la norme, ce qui aboutit à une incompréhension, une tension qui fait toute la beauté de ce film.

Après les grands succès des années 1990, que j'avais beaucoup appréciés (Promotion Canapé, La Totale !, Un indien dans la Ville, Le Dîner de cons, ...), j'ai découvert avec énormément de plaisir une nouvelle facette de Thierry Lhermitte, qui démontre ici - s'il en était encore besoin - l'étendue de son talent.

mercredi 4 juin 2014

Dis oui !

Ce soir, c'est la fête : je vous propose donc une autre blague presque (pas) drôle :

Durant une séance pédagogique avec des troisième sur la recherche documentaire dans le cadre de leurs parcours d'orientation, le professeur-documentaliste évoque la classification Dewey qui permet de retrouver des documents dans le catalogue, en fonction du thème et du sujet de recherche.
A ce moment, un élève vocifère de sa voix tonitruante :
- OUI !
Surpris par cette perturbation, le professeur-documentaliste se tourne vers l'élève en question et lui demande quelle est la cause de cette intervention intempestive (allitération, quand tu nous tiens...), le prof-doc de se tourner vers lui, et de lui demander quelle en est la cause :
- bein quoi, m'sieur (/m'dame) vous nous avez dit "dis oui !", j'obéis.



(Dewey : [djui] en anglais, se prononce "diou-i"...)

catalogue...

Histoire de se détendre un peu en cette période de concours, une petite blague improvisée en covoiturage de retour par votre serviteur (pas forcément drôle, mais quand on revient d'un oral de concours, tout paraît plus rigolo ;-) !)


Un élève veut retrouver, pour son travail, un document numérique sur une base de données documentaires en ligne. Peu satisfait des résultats du moteur de recherche, il s'en plaint auprès du professeur documentaliste, qui, lui présentant BCDI (ou PMB, selon...) lui dit :
- bein, t'as qu'à loguer !


(en anglais "log in" = se connecter à un site web via un compte personnel.)

jeudi 20 février 2014

Enquête sur les usages des espaces info-documentaires

Pour cette enquête, un questionnaire a été publié à l'attention des élèves de mon établissement.
Vous pourrez le retrouver en cliquant ici : questionnaire nouveau C.D.I.

lundi 8 avril 2013

folksonomie partagée : Pearltrees ou l'organisation visuelle de l'information

Hier, nous avons eu à l'honneur, en description et partage de l'information, les langages documentaires, naturels et normés, - et en particulier la folksonomie, dont on nous a donné les définitions d'Olivier Le Deuff et de François Feyler. On a retenu cette définition du principe général de l'acte : "clusterisation de mots-clés, organisés d'après leur fréquence de co-occurrence."

Voici comment je définirais le phénomène d'un point de vue général : la folksonomie est la démocratisation de l'indexation des documents numériques. La folksonomie collaborative, quant à elle, serait une indexation partagée par le médium d'un réseau social.


Mais je tenais en fait surtout à vous donner un autre exemple d'application de la cartographie heuristique sur le web : il s'agit du site Pearltrees, créé en 2009, que nous sommes déjà nombreux à connaître.

Je vous avais déjà entretenu de ce que je pensais, ce me semble, de la curation avec Scoop.it ( mais cette opinion s'étend également à Paper.li, et aux autres !)

Pearltree n'échappe pas à la règle, et ce n'est pas en tant qu'outil de curation que je veux vous en parler, mais en tant qu'exemple de représentation visuelle de l'information (ce que j'appelle en général l'organisation visuelle des idées.) A cet égard, on pourrait définir Pearltree comme une hybridation de Diigo ou de delicio.us, avec Netvibes et Freemind, puisqu'il s'agit de représenter les sites en arborescence, exactement comme dans n'importe quel logiciel de mindmapping (cartographie heuristique).

Là où je trouve le concept intéressant, c'est qu'il s'agit d'une heuristique sociale, partagée ou collaborative suivant l'usage (j'utilise le terme de "partagé" lorsqu'il s'agit simplement de mettre en commun ses propres indexations, et le terme de "collaboratif" lorsqu'il s'agit de construire une indexation en équipe.) et que la mise en relation spatiale des informations numériques permet une approche à la fois concrète et rationnelle des ressources intellectuelles du web.

J'ai donc créé un nouveau compte pour vous en faire la démonstration pas à pas, dans cette nouvelle approche sociale de la cartographie heuristique de l'information.


Une fois le compte créé, la prise en main est rapide, on commence à créer nos premières perles.


 
Et l'on peut ajouter des perles subalternes à celle que l'on vient de créer.




Mon arbre de perles commence à prendre forme, j'ai créé sept thématiques principales.



...Je personnalise mon profil, avec une courte présentation.



...Et ça prend de l'allure, avec ce beau fond de crépuscule !



Je peux très facilement lancer une recherche de thématiques analogues aux miennes, en cliquant sur "découvrir les perles voisines" : la représentation géographique aide l'utilisateur à naviguer dans les arbres de perles et à s'abonner à ceux qui l'intéressent.



On peut également taper un mot-clé pour rechercher d'autres Pearltrees suivant des thèmes particuliers, et abonner son compte à ceux-ci. La navigation géographique est toujours un atout - au moins au niveau esthétique.



Voici un exemple d'indexation partagée : je me suis abonné à d'autres Pearltrees. Notez la représentation des ressources numériques sous forme de schéma heuristique, encore une fois.



Je peux demander à un autre usager s'il souhaite accueillir ma collaboration pour construire ou pour développer l'une de ses arborescences thématiques, en cliquant sur "faire équipe" : premier exemple d'indexation collaborative.



Je peux également prendre l'initiative de "créer une équipe" sur l'une de mes propres arborescences.

Voilà, il ne me restera plus qu'à ajouter mes propres perles (c'est-à-dire à référencer les sites web que je considérerais pertinents) dans mes arborescences.
J'insisterais cependant, pour conclure, sur le fait que ce qui m'a avant tout intéressé dans ce site, ce n'est pas l'aspect "curation de contenus", mais celui de cartographie conceptuelle collaborative.
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samedi 6 avril 2013

séquence pédagogique en une séance : la recherche sur Internet appliquée à l'orientation.

Lors de mon dernier stage, nous a été confiée la responsabilité d'assumer une séquence d'initiation à la recherche documentaire et informationnelle en C.D.I. avec des élèves de 6e.

J'ai eu pour sujet la recherche sur Internet. Pour ce faire, j'ai commis diverses tentatives de fiches pédagogiques à distribuer aux élèves. Pour les comprendre, il faut avoir en tête le déroulement de la séance, pour laquelle ces fiches étaient prévues.

Voici donc une synthèse du projet de séquence telle que je l'avais conçue :

thème : rechercher des informations sur Internet.
  • Objectifs :
    • comprendre ce qu'est Internet, le web, un logiciel de navigation, un moteur de recherches.
    • Savoir utiliser un moteur de recherche, formuler une requête d'un ou de plusieurs mots-clés.
    • Savoir se repérer dans un site web et y trouver les informations pertinentes.
  • Organisation de la séance :
    • étape 1 : exposition des notions
      • différence entre Internet et Web 
      • e-mail
      • différence entre fournisseur d'accès (les élèves n'auront pas besoin de retenir ce terme, mais celui d'abonnement.) et logiciel navigateur (programme permettant d'afficher les pages web.)
      • hypertexte (interface hypertextuelle)
    • étape 1,5 : adresse URL (les élèves n'auront pas besoin de retenir le terme, mais auront une synthèse de ce que signifie chaque segment d'une adresse URL.)
    • étape 2 : utiliser un moteur de recherche : explorer avec Google (prévoir exercice sur fiche.)
    • étape 3 : sélectionner les informations intéressantes sur un site web (site de l'ONISEP)
    • étape 4 : trouver des informations complémentaires sur d'autres sites en essayant des requêtes composées de plusieurs mots-clés. Relever la différence entre les résultats issus d'un seul mot-clé et ceux issus d'une phrase-clé complète.
Les trois fiches que je vais associer à ce billet ont toutes trois une première page pratiquement identique. L'intérêt est donc de comparer la page verso, qui comportait des exercices pratiques de 

  • La première fiche, brouillon, présente peu d'intérêt, mais je la présente pour que vous ayez une vision du cheminement de réflexion effectuée, avec l'aide de notre tutrice de stage :
vous la trouverez donc ici : https://docs.google.com/file/d/0B9bwiX0PyI15TDJYV3JDN2d6ZDQ/edit?usp=sharing. Sa troisième étape était conçue pour inciter les jeunes à recouper les sources d'information sur internet, en constatant que des sites différents donnaient des informations complémentaires. Le principal souci est qu'elle est mal adaptée à un public de 6e.

  • La deuxième fiche est déjà plus adaptée à des élèves de 6e. Cependant, dans sa troisième partie, j'avais trop pris à coeur d'indiquer aux élèves les sites de référence pour l'orientation, ce qui aboutit à un exercice trop rigide et dirigiste.
Elle est disponible ici : https://docs.google.com/file/d/0B9bwiX0PyI15NzVGZkJ4TVA1RU0/edit?usp=sharing.

  • C'est pourquoi, la troisième a été conçue pour donner aux élèves plus d'initiative en leur permettant de sélectionner eux-mêmes les sites qui les intéressent.
Vous pourrez la consulter ici : https://docs.google.com/file/d/0B9bwiX0PyI15QWdfNmtxVXYyS0E/edit?usp=sharing.
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Freeplane : logiciel de Mindmapping puissant, complet et accessible gratuitement !

 Voici de retour l'une de mes marottes : la cartographie heuristique - ou conceptuelle. Aujourd'hui, deuxième logiciel que je teste pour cette activité relevant de l'organisation visuelle de la pensée (ce qui, en fait, me fait prétendre qu'elle est connexe à la métacognition.), par la mise en relation spatiale de concepts.


Il s'agit de la version 1.2.20 de Freeplane, un produit "dérivé" du fameux logiciel libre Freemind (sur lequel vous trouverez ici toutes sortes d'informations : http://www.freemindparlexemple.fr/.). Avec deux exemples à l'appui, je vais vous présenter le maniement du bidule.
Soit dit en passant, et pour terminer cette introduction qui tend à se traîner laborieusement, je recommande de ne pas se laisser intimider par l'aspect apparemment compliqué du logiciel, lors de la première prise de contact.
Dès l'abord, il semble en effet que la prise en main ne soit pas simple : en réalité, pour débuter, l'appropriation de quelques fonctions de base suffisent, et l'utilisateur a ensuite le temps de se familiariser avec la multitude de fonctionnalités annexes complémentaires qui permettent d'approfondir les schémas de pensée de manière très fine, offrant toutes sortes de possibilités qui peuvent se permettre d'attendre.




Entrons dans le vif du sujet :
Nous voulons mettre en œuvre un projet de bulletin pour l'établissement d'enseignement Alfred Mitterrand.
Il s'agit de prévoir toutes les modalités de réalisation, en fonction des objectifs fixés selon la politique de communication (et la politique documentaire) de l'établissement.


Nous voulons arriver à un schéma intégrant les différentes dimensions du bulletin :

Voici le résultat auquel nous voulons arriver.


"Créer un noeud" : c'est créer un élément conceptuel de la carte. Ici, j'ai choisi un noeud indépendant, non relié aux autres, dit "libre".


...Et vous voyez ici un encadré indépendant des autres éléments, il n'est relié à aucun noeud.

L'une des fonctions les plus intéressantes est "Edition : Lien" qui permet de créer des liens supplémentaires entre deux éléments appartenant à des familles d'idées différentes, mais qui possèdent des points communs. Il est même possible de créer des commentaires sur ces liens, pour en indiquer la nature !





































La dynamique de pensée est favorisée  par cette fonctionnalité très simple.







la barre latérale gauche donne la possibilité de caractériser les éléments du schéma de pensée.

l'onglet "Mise en forme" permet de modifier le style de liens, de même que choisir leur couleur et leur épaisseur.


Autre fonctionnalité très pratique : on peut choisir d'afficher le schéma en "mode plan", qui permet d'avoir une vision globale et synthétique du schéma. Pour cet exemple, il s'agit d'un autre schéma : une réflexion sur l'évaluation quantitative.

La fonction est accessible à partir de l'onglet "Affichage".


Voilà, pour une première approche du logiciel Freeplane. Pour conclure, je rappelle qu'il est téléchargeable gratuitement ici : http://freeplane.sourceforge.net/wiki/index.php/Main_Page.
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lundi 1 avril 2013

Deus Ex : RH : cyberpunk, le retour en force d'un genre à la mode !

Ayant assisté samedi dernier à une conférence sur le transhumanisme, ("Réalités Augmentées et Réalités Virtuelles : L’Homme Augmenté"), tenue à Lomme (dans l'agglomération Lilloise) par Jean-Benoît Duburcq, biologiste et ancien délégué régional du CNRS, je me dis qu'il s'agit du prétexte idéal pour publier ce billet dont le projet mijautait depuis quelques mois dans mon esprit.

...Cette phrase est très longue ? C'est normal. Il s'agit d'une phrase augmentée.
Avez-vous remarqué que depuis quelques temps, les titres de divers magazines parlent de "L'Homme 2.0", "L'Homme modifié", "L'homme amélioré" ? Avez-vous remarqué qu'on ne parle jamais de la "Femme augmentée" (sûrement parce que la femme, étant déjà sublime, parfaite, harmonieuse, et supérieure, n'a pas besoin d'être "augmentée", contrairement à l'Homme, qui, lui est bourré de complexes et parle de lui-même avec une majuscule, qu'en pensez-vous ?)


Bref...


Rappelez-vous... Remontons au tout début des années 2000, avec l'apparition sur les marchés du jeu vidéo d'un OVNI exceptionnel et hors du commun (oui, j'aime la redondance !) : Deus Ex..! Quoique l'on pourrait aller plus loin en arrière : en 1984, lorsque William Gibson publie son roman "Neuromancien", que le journaliste Gardner R. Dozois qualifiera de "cyberpunk" (inventant ce terme par la même occasion)


 ...Ou plutôt, non : remontons plus haut encore : en 1948 Norbert Wiener publie "Cybernetics, or Control and Communication in the Animal and the Machine", qui fonde la science cybernétique, science qui s'intéresse à la relation homme-machine, et basée sur quelques concepts élémentaires (à l'époque ils étaient en fait très novateurs), dont le principe du feedback, autrement dit la rétroaction - principe selon lequel la machine peut corriger elle-même son erreur si un signal l'en avertit, ouvrant la voie à l'automatisation.



Les applications de cette théorie mathématique de la communication intéressent les industries du télégraphe et du téléphone, ainsi que l'industrie de l'armement militaire, et, plus tard, de l'informatique et de la robotique.


On a déjà en germe les deux thèmes principaux qui feront l'inspiration d'un genre de la littérature S-F : le cyberpunk - à savoir le corporatisme capitaliste à outrance, et les technologies hyper-sophistiquées au service des plus riches.
A l'origine, le cyberpunk n'entretient que des rapports assez lointains avec le transhumanisme, mais le point commun entre ses thèmes de prédilection et ledit transhumanisme, c'est de poser la question de l'homme :
questionnement sociétal, moral, ontologique, épistémologique et éthique.

Aujourd'hui, le transhumanisme, c'est-à-dire la science transversale (voire transdisciplinaire) de "l'homme augmenté", est à la mode, à cause d'une part des expériences et des progrès dans ses divers domaines constitutifs, tels que la biologie (biochimie, génétique, ...), les nanotechnologies (les machines de taille inférieure au millionnième de mètre), l'informatique (et notamment les expériences de réalités augmentées, dont vous apprendrez bien plus en lançant une recherche sur les Google Glasses par exemple.), le ralentissement génétique ou hormonal du vieillissement, (etc.,) et d'autre part les jeux vidéos futuristes (j'y reviendrais !)...

(Tout cela entretient des liens particuliers avec les sciences de l'information et de la communication, et avec, d'autre part, la littérature, d'où ce billet.)


Il semble que, outre les articles de presse sur les expériences de Kevin Warwick (professeur de cybernétique en Grande-Bretagne qui s'est fait greffé des puces sous-cutanées pour ouvrir les portes automatiques de l'Université à distance - tapez son nom sur Google pour en savoir plus..! Ou lisez, entre autres, le hors-série Le Monde - La vie, L'atlas des Utopies, ou le numéro 422 de décembre 2012 de Pour la Science.),
la mode du transhumanisme - associé au cyberpunk - doive beaucoup à la résurrection d'une licence de jeux vidéo fantastiquement exceptionnelle : Deus Ex.
En effet, il y a un peu plus d'un an (en août 2011 pour être exact), le troisième volet de cette saga cyberpunk, Deus Ex : Human Revolution ( http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/00027531-deus-ex-human-revolution.htm ) sortait dans nos magasins de jeux informatiques favoris. Il proposait une préquelle sombre et torturée explorant les origines de la société ultra-capitaliste et ultra-technologique décrite dans le premier opus. Comme dans les titres précédents, le joueur endosse le rôle (car oui, il s'agit d'un jeu de rôles mâtiné de FPS... Ou l'inverse, selon le point de vue.) d'un humain modifié grâce à la technologie de pointe.


Le cyberpunk n'a pas fini de faire parler de lui, puisque d'une part un film dérivé du précédent jeu vidéo est en cours de préparation et sortira au cinéma dans un an ou deux (recherchez les informations sur le "film Deus Ex" sur votre moteur de recherches favori ! ou, plus simple, consultez Allociné : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=47050.html ), et que d'autre part de prochains jeux vidéos sortiront bientôt, entre autres Remember Me, jeu développé par une équipe française (cocorico !!) pour le compte de Capcom, ou bien (et là, je vous dis yahou si ce n'est alléluiah !) le fameusement attendu Cyberpunk 2077, adaptation du célèbre jeu de rôles papier de Mike Pondsmith (cf. par ici : http://www.jeuxvideo.com/news/2013/00063852-cyberpunk-2077-un-univers-tres-proche-du-jeu-de-role-papier.htm ), par l'équipe de développeurs de The Witcher, les nouvelles références en matière de jeux de rôles vidéo, après Bioware (Baldur's Gate, NeverWinter Nights, Knights of the Old Republic, Masse Effect, ...), Troïka (venus de Black Isle, oui, oui, les développeurs des deux premiers Fallout !) et Bethesda (les Elder Scrolls.)



Bref, du lourd en perspective.






...La mode du cyberpunk et du transhumanisme risque donc de durer un moment, et pour revenir aux racines littéraires et cinématographiques du genre, je vous propose une petite bibliographie sélective de référence(s) :



littérature :


  • Bien sûr, on commence avec le grand ancêtre, Philip K. Dick, auteur du désormais classique les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, roman rebaptisé Blade Runner après la sortie du film de Ridley Scott en 1982 (voir http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1975.html ).
  • On embraye la première sur William Gibson, auteur entre autres de :
    • Neuromancien,
    • Comte Zéro
    • Gravé sur chrome,
    • Lumière virtuelle,
    • Les Machines à différences (avec Bruce Sterling)
    •  
  • On continue justement avec Bruce Sterling, ami du précédent, à l'origine de :
    • Le gamin artificiel,
    •  Les mailles du réseau,

  • Et avec Morgan Richard, qui nous a offert :
    • Carbone Modifié
    • cycle de Takeshi Kovacs,
    • Black Man
    •  
  • Peter.F Hamilton a écrit une série de romans pas tout-à-fait cyberpunk, qui s'en approche, le cycle de Greg Mandel.
  • Je recommande également le roman "Câblé" de Walter Jon Williams.
  • La culture française est également représenté dans le genre, avec les romans de Maurice G. Dantec :
    •  Grande Jonction,
    • Artefact,
    • Cosmos Incorporated.

cinéma :

  • Voir plus haut pour les films déjà cités, (Deus Ex, qui sortira bientôt, et Blade Runner, dont je viens d'apprendre que Ridley Scott souhaite faire une suite, décidément, le cyberpunk est vraiment à la mode !)



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mercredi 14 novembre 2012

De Netvibes à Scoop.it : réflexions sur la signification éthique d'un prétendu progrès dans l'évolution des interfaces numériques.

Récemment, je suis allé consulter la page scoop.it d'un collègue. J'ai beaucoup aimé. J'ai découvert une sorte de journal de revue de presse, dans laquelle l'intervention humaine est promue à travers la sélection et la valorisation de l'information thématique. Sa manière de traiter l'information et sa sélection très pertinente est d'ailleurs, manifestement, déjà reconnue sur le web puisqu'il reçoit désormais son content de visiteurs journaliers.

J'ai du coup, eu la fiugitive et vague tentation de me créer un compte, - pour m'abonner au sien, pour commencer, et prendre exemple sur lui, pour continuer -. Je ne l'ai pas fait, principalement en vertu du principe d'inertie qui m'anime à chaque fois qu'il s'agit de "me" créer un nouveau "compte", car j'estime désormais, et ce depuis plus de deux ans, que je dispose de bien davantage de "comptes" ouverts sur diverses plateformes du Web "prétendument 2.0" (cf. mes billets précédent à propos de ce concept imbécile...) que je ne le souhaite déjà. J'ai déjà, de plus, des comptes ouverts sur divers plateformes d'outil de veille, tels que Reader et Netvibes, pour ne citer qu'eux.
Intuitivement (et outre ma paresse légendaire), je ne voyais pas d'intérêt particulier à sauter sur un énième outil numérique, tel le lapin bondissant sur une nouvelle laitue ! (et on dit pourtant que je suis syllogomane !)


...Et puis, je suis tombé sur cet article de Frédéric Martinet, et la lumière se fit en moi : autant du point de vue de la valeur ajoutée, que de l'infobésité, ou du droit d'auteurs, l'auteur formidable (que je découvre du même coup !) de ce billet formalisait exactement mon point de vue vaguement intuitif et informulé...


Quel peut bien être l'avantage d'un outil de "curation" comme scoop.it par rapport aux outils de veille (agrégateurs de flux) de la génération précédente comme Netvibes ou Reader (qui propose, de toute façon, des solutions de curation interne au site.) ?

Tele est la question que je me pose... Ces outils proposaient déjà des options de sélection et de partage social de l'information. Ils proposaient déjà le regroupement thématique des sources avec un suivi qui me semble d'ailleurs davantage pertinent puisqu'il impliquait encore la reconnaissance croisée entre source et thématique (sur une page Netvibes, les articles sont triés à la fois par onglets et par sources, puisque le suivi s'effectue suivant le fil RSS de la source.)

Certes, il y a un aspect automatique, là où, chez Scoop.it, on promeut l'intervention de la main humaine dans la publication sélective des informations. Il me semble que cet aspect de promotion "sociale" du partage n'est qu'un prétexte pour proposer du "design", mais aucune valeur sous-jacente (qu'elle soit ajoutée ou non) : il s'agit simplement de surfer sur la mode du "social networking" qui fait tendance car il recouvre à la fois l'aspect technologique et un ersatz (ou plutôt une apparence) de recentrage sur le relationnel et l'identitaire (fondements supposés -par moi- de la tendance actuelle au réseautage social.)

Alors que j'avais été assez fasciné par Netvibes à son époque, qui permettait une optimisation performante de la veille informationnelle, je n'éprouve en fait aucun enthousiasme, plutôt une certaine réticence - voire même une réticence certaine - à m'approprier ces nouveaux outils et les pratiques soi-disant nouvelles qu'ils prétendent impliquer. Tout cela m'apparaît en réalité, fatalement, relever d'un engouement pathologique pour l'innovation technologique (de l'outil) au mépris total du questionnement éthique, méthodologique, épistémologique, et fondamentalement, rationnel, de nos actes. Il me semble qu'il serait davantage pertinent de revenir sur une attitude plus saine de remise en cause des fondements de nos pratiques professionnelles et personnelles en terme de culture informationnelle (cf. mes interventions dans des débats ici et à propos du rapport de l'homme au progrès...) que de nous laisser entraîner dans une fascination pathologique par l'influence dominante d'un groupement d'intérêts progressistes qui cherche à faire prévaloir et à monter sur un piédestal l'importance fallacieuse de réalisations techniques qui ne se résument finalement qu'à de l'esthétique designée d'une interface sans intérêt nouveau par rapport aux interfaces précédentes... Une fascination pour l'outil plutôt que pour les savoirs-faire développés par son usage (qui, je le reconnais volontiers, sont cependant réels, selon certains professeurs de SIC).
Voilà ce que mr. Frédéric Martinet a bien compris : je ne vous livrerais qu'une citation (extraite d'une réponse de l'auteur à un commentaire sur son billet.) :
""J’ai essayé d’être clair dans le billet. La question essentielle à se poser est sur l’usage. Se regarder et [...] se demander si dans ce que l’on fait l’on est respectueux de ceux qui créent de la matière première car si l’on continue on se retrouvera avec 0,005% de contenus originaux et tout le reste d’abstracts, de rediffusion.
Si aujourd’hui on peut encore gagner du temps, je reste persuadé qu’au final jouer cette carte sans respecter les contenus originaux c’est perdre qualité ET efficacité, car cela ne peut conduire qu’à l’engorgement. ""

J'aimerais, cependant, dire un mot pour reconnaître la pertinence du travail qu'effectue mon collègue Terheck sur sa plateforme, ce qui me permettra de nuancer mon propos : oui, son travail prouve qu'on peut tout de même tirer un parti très intéressant de ces nouveaux outils. Il convient de ne pas en rester à ses propres positions et de savoir se rendre compte des cotés positifs du bouillonnement créatif humain, cet enthousiasme à créer, innover, inventer, sans toujours s'interroger sur la pertinence de cette inflation innovatrice :
on peut en retirer des expériences positives !

mardi 13 novembre 2012

Conférence interopérabilité & Visual Catalog - Mr. Fabrice Papy

Voici ma prise de notes d'une conférence que nous avons pu suivre cette après-midi du mardi 13/11 - 2012 : pour recontextualiser un peu, Fabrice Papy est enseignant-chercheur en SIC à l'Université de Lorraine, et directeur de la revue Les Cahiers du numérique.


Petit avertissement : par manque de temps (j'ai encore quelques dossiers à constituer), je ne mets pas en forme ces notes, et les mets telles quels, directement sur ce billet... Je m'en excuse humblement auprès des lecteurs non familiarisés avec les domaines d'études des S.I.C et qui devront fournir un plus gros travail de compréhension ; cependant cet article est plutôt destiné aux professionnels de l'information, qu'ils soient du public (en partic. de l'Educ. Nat.) et du privé.

Ces notes sont publiées ici avec l'aimable autorisation de l'auteur de la conférence.
Il s'agit de notes personnelles : toute interprétation erronée de la conférence m'est donc bien entendu entièrement imputable.





l'objet de cette conférence était :
Les Visual Catalog : enjeux de l'interopérabilité
dans les systèmes d'information documentaires





    Le cadre de cette intervention : Un environnement technologique qui a une réelle maturité, l'accessibilité des ressources numériques, le manque de contenus, les données, les métadonnées, etc.
Une vision empirique des enjeux de l'interopérabilité et comment cette opérabilité intervient dans l'environnement humain /technol. actuel.
Cette interopérabilité est mise en oeuvre dans les grands standards des systèmes informatiques, les architectures du Web, etc., mais aussi grâce à des processus documentaires : les communautés de pratiques, les stratégies de communic., les théories des connaissances, etc.
Comment positionner une interopérabilité conceptuelle, - mais une théorie au service des pratiques documentaires actuels ?

L'intervenant, F. Papy, n'est pas informaticien, mais chercheur en S.I.C. - il s'intéresse à l'informatique en tant qu'outil, son but est "d'instrumenter l'instrument ".

    Le système Visual Catalog met à disposition des usagers les bases bibliographiques de 3 universités : Artois, Univ du Littoral, et Lille 3. Et 3 autres "sites" (Lille 1 /2 et Valenciennes); leurs logiciels de catalogage informatique sont différents, certains utilisent la Dewey, d'autres la C.D.U., etc. ....

    Le Visual Catalog va permettre d'interroger simultanément les bases de données cataloguées des différentes institutions (toutes le suniv. participantes.).
Il est basé sur le système des autorités-matière (vedettes) RAMEAU, sur la Dewey, et le sbases bibliographiques représente environ 1 million de notices (cf. Sudoc !) -
les réseaux techniques sont capables de traiter de grandes quantités de données.


[demonstration -(du système en ligne par projecteur.)-]
on peut interroger les relation entre vedettes-matière RAMEAU (le système d'autorités-matière RAMEAU est géré par la BnF.) et les indices Dewey (capacité à filtrer les informations) - cette faculté est présente dans l'interface graphique.
RAMEAU = répertoire d'autorités-matière de la BnF.


    L'interopérabilité permet de trouver un "pont" entre les recherches d'étudiants novices (qui rencontrent beaucoup de "bruit") et celles des étudiants spécialisés /avancés - en thèse (qui rencontrent bcoup de "silence".)
La plateforme d'interopérabilité Visual Catalog est basé sur des moteurs de langages web (HTML, XML, CSS, etc.) selon les normes ISO /ISBN.

C'est la pointe en matière d'interopérabilité technologique et documentaire - la démarche compte s'étendre à toutes les institutions, et ne s'en tiendra pas aux 6ix universités participant actuellement.
Les versions successives se sont bâties sur la tension entre interopérabilité et accessibilité.
    Pour montrer les capacités des technologies en matière d'interopérabilité, et les possibilités d'interopérer entre des systèmes d'indexation d'éditeurs (exple : l'éditeur Lavoisier.) et de bibliothécaires différents, constitue un autre objet de développement de partenriats sur ce projet d'interopérabilité Visual-Catalog.
Il fait le lien entre des sources publiques (catalogues de bibliothécaires) et des sources privées (éditeur Lavoisier, plus d'1 million de notices bibliogr.q-)

    Certains protocoles Visual-Catalog ont été adaptés et implémentés dans des C.D.I. de lycées pour faire le lien et corriger le hyatus entre les systèmes documentaires des lycées et les bibliothèques universitaires dans l'esprit des lycéens -futurs étudiants /et des ex-lycéens étudiants, afin d'harmoniser les dispositifs techniques entre deux types de centres documentaires liés par des pratiques communes.
On a aujourd'hui des modes d'accès techniques à l'inform. (le web !) et des modes d'organis. des connaiss. que l'on peut facilement lier.

Un travail d'indexation dans un lycée peut sembler être un travail individuel, mais c'est en fait un travail collectif impliquant des points de vue différents, - le système d'interopérabilité permet d'approcher la notion de facettes différentes d'indexation selon le spoints de vue des différents documentalistes, et rendre cela accessible aux usagers (lycéens /ou étudiants !)

    Autre objectif : passer des logiques d'enjeux économiques (groupes économiques comme GOOGLE qui imposent leurs innovations techniques aux usagers, - avec des protocoles /plateformes /supports techniques /interfaces peu adaptés aux usages et aux pratiques courantes et/ou professionnel(le)s, mais qui vont modeler /contraindre /astreindre les pratiques des usagers .)
à une logique d'usage, promue par les chercheurs en S.I.C., les psychologues, les ergonomes, etc.

cf. Françoise GAUDET, (art.) Google et la bibliothèque : quelle autonomie pour l'usager ?, août 2005 (disponible sur bpi !!)
constat : les usagers montrent peu d'intérêt pour le système RAMEAU et les systèmes de classification en cours dans le sbibliothèques ; l'outil (point de vue instrumental-) Visual-Catalog permet (en introduisant un aspect technologique attirant-) de familiariser les usagers avec les systèmes de classification /et de traitement documentaire(s) des professionnels des biblitohèques.
Les systèmes de traitement de l'inform. du web sont basés sur les implications entre hypertextualisation des documents numériques et, désormais, une modalité nouvelle : l'agrégation de flux, - et ces protocoles se positionnent face aux bases DD qui sont fondées sur "les techniques d'interrogation et les systèmes experts (...)".

c'est la nature du lien entre deux documents du web qui est à interroger ( = liens entre recherches sur l'hypertextualité et les recherches sur la cartographie heuristique - et l'arborescence - en interrogeant les rapports de déformance, - d'équivalence - entre les éléments du système, l'interface graphique, etc.)

====>    opposition entre une culture technocentrée et une culture humanocentrée.

le web sémantique (web 3.0) est une technologie davantage intellectuelle que spectaculaire : elle se bâtit autour des problématiques cognitives et documentaires : comment on pense la structure des données, comment on fait le lien entre les concepts et les relations inter-documentaires des ressources du web, c'est une technologie plutôt humanocentrée.


"certaines expériences (...) montrent qu'avec l'expérience et la pratique, un individu modifie ses stratégies de recherches [...] "
DINET, J. & ROUET J-F "La recherche d'informations : processus cognitifs , facteurs de difficultés et dimensions de l'expertise", in  C. Paganelli, Interaction homme-machine et recherche d'information, Hermès, avril 2002.


exple des moteurs de recherche Exalead, Kart00.net , etc. !! (qui se positionnent =/= Google & Yahoo! ) sont eux-mêmes technocentrés !!
====>    Neuroweb (??) : application développée par Alain Lelure(??), application technocentrée mais qui se soucie de l'accompagnement de l'usager en proposant une catégorisation dynamique des résultats de recherches.


exple : Google, l'usager de base a l'impression que l'outil est ergonomique car ses habitudes & pratiques se sont adaptés, /formatés, il se contente de Google qui est la référence en la matière selon le consensus global, alors que ce moteur de recherches est orienté-technologie (est-ce une autre manière de dire orienté-objet ??) : le nombre de références affiché montre un manque totale d'ergonomie, au niveau de la pertinence, de la validité, de la fiabilité, de l' "exploitabilité" des résultats référencés pour l'utilisateur, à l'opposé même d'un outil /instrument orienté-usager.


TRICOT, A. & ROUET, J.-F. (dir.), Les hypermédias, approches cognitives et ergonomiques, Hermès, 1998. ====> critique de l'approche exploitée de l'hypertextalité dans l'orientation -(dans l'aspect-) technologiquement spectaculaire plutôt que des démarches d'évaluation de l'ergonomie et la démarche orientée-usager.
On astreint les pratiques au lieu de s'y adapter.

Visual-Catalog = système de médiation instrumentée pour l'usager, et une démarche humanocentrée qui se positionne contre cette tendance généralisée à la culture technocentrée.

Un moteur de recherche dynamique comme Visual-Catalog, dans le cadre d'une requête non reconnue par le thesaurus, le système va chercher les liens synonymiques entre un non-descripteur utilisé dans une requête et les descripteurs du thésaurus.


Enjeu pour nous, les profs-docs : thésaurus MOBIS utilisé par les lycées !! ====> interopérabilité avec le répertoire RAMEAU et les indices Dewey ??
(====> didactique de la recherche d'informations avec les élèves (liens avec Mr. P. Duplessis ?) -)
Indexer dans un C.D.I. de Lycée - et indexer dans une bibliothèque publique, ce n'est pas seulement une différence de langages d'indexation, mais c'est aussi une différence de méthodologie !


le web ====> heureusement, le web est arrivé et permet à des usagers profanes de se passer des systèmes-experts, mais... Malheureusement, il a noyé l'usager dans des espaces documentaires inflationnistes....
Les documents référencés dans les résultats finaux peuvent se trouver pertinents vis-à-vis des requêtes et des recherches, mais inadéquats avec les orientations cognitives de l'usagers, donc peu exploitables !
====> Les pratiques technophiles actuelles (et économiquement orientées !) se sont fortement éloignées du projet initial de l'hypertextualité de la fin des années 1980 et début des années '90 !
        mettre les systèmes d'inform. au service de l'usager.


Le Visual-Catalog montre comment les logiques privées d'éditeurs peuvent dialoguer avec les logiques publiques des bibliothécaires pour se mettre au service des recherches documentaires de l'usager.

mardi 22 mars 2011

une situation pareille, c'est RAR !

...J'aurais préféré que ce soit rare, plutôt.

Toujours est-il que si je reprends le clavier pour un billet sur ce blog, c'est pour soutenir le mouvement des enseignants qui s'opposent au programme CLAIR. Comme j'ai pas mal de flemme (je n'ai pas changé depuis deux ans, remarquez bien...) je vous la fait courte :
Il s'agit d'une énième réforme pour essayer de changer les ex-ZEP (remplacés par les RAR, Réseaux ambition de réussite).
Ca part sans doute d'un bon sentiment.
Le mien sur la question c'est que ce n'est pas du tout réfléchi puisque selon le retour d'expérience de nOisette, les effets néfastes se font sentir depuis déjà quelques temps.
Sans parler de l'appellation, qui démontre encore une fois
(s'il fallait le prouver depuis l'affaire du remplacement des BTS Action-co par le BTS "Management des Unités Commerciales" et autres inpeties datant d'il y a déjà quelques années, ce qui neme rajeunit pas, en passant !)
que le gouvernement, -et en particulier le Ministère de la Jeunesse et de l'Enseignement-, n'a pas peur du ridicule...
Sur ce, les Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite, je vous salue bien bas (car c'est malheureusement là où nous sommes tombés !)

mercredi 30 septembre 2009

... Et Zuut..!

Cela fait plusieurs jours que je faisais ma veille internet, et j'avais repéré pour le mois de nombreuses pages et articles web intéressants dont je conmptait parler ici.

Un malheur n'arrivant jamais seul (comprennent qui savent !) , mon portable vient de me lâcher... Et, après diagnostic, le verdict tombe : il a irrémédiablement rendu l'âme !! Un ami a lancé le récupération des données de mon disque dur, mais celles-ci sont, en l'état, inexploitables...
Ainsi que toutes mes sauvegardes (et résultats) de veille..!

Cela tombe d'autant plus mal que je comptais inaugurer une nouvelle formule de veille bi-hebdomadaire que, faute de sauvegarde de mes marques-liens, je ne puis assurer ce mois-ci - l'intiative est donc repoussé à la saint-Philibert !

D'autre part, j'ai perdu également toutes mes données concernant l'article très annoncé sur l'Ontologie (appliquée à la pédagogie et à l'informatique !) qui risque donc de ne jamais voir le jour, hélas !

Tout cela ne me décourage pas, et je compte publier bientôt des billets, entre autres sur les BD Toxic Planet et L'Epervier, ainsi que diverses biographies d'auteurs de BD.
Je reprendrais prochainement mes autres projets...

mercredi 9 septembre 2009

Le piratage numérique : un sable mouvant dans lequel nos législateurs s'enlisent ?

En attendant mon billet prochain concernant la sitographie sur l'ontologie qui est en préparation, je reviens sur la loi hadopi, dont le site politique.net nous informe aujourd'hui même que le vote est repoussé au 15 septembre prochain.

...On (enfin, "je" en tout cas) se demandait comment des gens faisaient pour concevoir des lois aussi ineptes concernant des sujets aussi complexes que le piratage numérique (complexe tant aux niveaux sociologique et économique qu'au niveau technique !).
Ce même site nous propose, en lien, dans un de leurs anciens articles, deux vidéos tout-à-fait révélatrices, réalisées par Bakchich.tv, que voici :




J'apprécie particulièrement le cas du député qui a trois fils, connaissant le peer-to-peer, et qui n'a pas eu l'idée de se renseigner auprès d'eux... D'autant qu'on peut se demander comment il compte "surveiller ça" s'il ignore ce que c'est..!





Là, encore, il y a un cas que j'apprécie particulièrement, celui du député qui juge plus intéressant de suivre l'actualité de Jacques Chirac en Chine (alors que, n'étant plus Président de la République, il ne représente plus notre pays politiquement parlant !), plutôt que de faire son travail et voter les lois qui lui sont soumises...
Autre cas très intéressant, celui qui avoue avoir "été à 50 mètres, dans mon bureau, malheureusement, je suis arrivé trop tard..!"

J'imagine en outre que certains députés, qui devaient être contre la loi, ont dû "boycotté" en s'absentant... Ce n'est qu'un supposition de ma part, cela dit, quand on est contre une loi, il est plus utile d'être présent pour voter contre cette loi, que de s'absenter.

Mais ce qui me rend quand même un peu de courage, en tant que citoyen, c'est le discours du député qui conclue que "le travail du député est (...) d'être présent à l'Assemblée".

Je me dis en tant que citoyen, qu'il est assez extraordinaire de penser que des gens sont morts pendant les diverses révolutions françaises - et en outre, qu'on paye des salaires avec nos impôts - pour que finalement nos représentants politiques, garants de notre liberté et de l'expression du peuple, fondement de la démocratie française, soient absents des débats et des votes, et que par ailleurs ils ne cherchent même pas à se documenter sur les sujets des lois qu'ils doivent voter.

J'espère que vous me pardonnerez ce post où je prends plus de parti-pris que d'habitude, je ne pense pas néanmoins qu'être enseignant-documentaliste soit incompatible avec le fait de prendre son parti - d'ailleurs, le fait que je ne sois PAS ENCORE certifié m'engage à penser que ce n'est pas si grave que ça...


Pour revenir à des considérations plus objectives, le blog Dalloz (éditeur de codes civils, de manuels et traités de Droit, ainsi que de diverses revues juridiques ) nous expose aujourd'hui le concept pénal du délit de captation. Ce délit qui consiste à enregistrer un film en salle de cinéma, avec un appareil numérique, nous explique le professeur Manara, entraîne un paradoxe qui risque de se retourner contre les exploitants de salle qui disposent dans leurs salles des caméras de sécurité..!
Ce qui est intéressant à retenir de son article, c'est qu'avant 2006, l'enregistrement en salle n'était pas illégale, seule sa diffusion l'était ! Or, depuis cette date et la création de ce nouveau délit par la loi, l'enregistrement lui-même est illégal en salle, ce qui rend donc les pratiquants de ce nouveau sport international à la mode, passible de peines, même s'ils enregistrent le film sans le diffuser par la suite - c'est-à-dire quand ils le font uniquement pour leur usage personnel.

mardi 8 septembre 2009

deux brèves : retour sur l'autofichage numérique / état de la lecture

Les arcanes de l'identité numérique fascinent décidément bien des gens... Récemment, je me suis mis à regarder les chaînes de télévision émergente de la culture geek (autant profiter du fait que j'ai la télé pendant les vacances, parce que le reste de l'année..!) du genre des précurseurs Game One, des dissidents No life et consorts... Et en regardant les reportages de la première des chaînes sus-citées, j'ai appris que beaucoup de monde s'intéressent à nos fiches Facebook... Pas seulement les collectivités territoriales ! Selon un reportage du JT de Game One, nos pages facebook seraient fréquemment visités par... des cambrioleurs ! Ils repèreraient les gens qui disent dans leurs commentaires de profil du jour, qu'ils sont en vacances, pour aller cambrioler leur domicile. Au-delà du pathos que cette information balancée assez médiatiquement, pourrait provoquer, il n'en reste pas moins que l'on a là un nouvel exemple de ce que j'avançais précédemment, il y a seulement quelques jours..!

Dans un tout autre registre, un certain bibliobsessionnel a relayé les infos du magazine Books, concernant les tendances actuelles de la lecture (issues de l'article Mais pourquoi lisent-ils donc moins ?) . Il semblerait, selon son billet, qu'on lirait moins qu'autrefois. Et l'auteur du blog d'énumérer les diverses raisons invoquées. Je n'y revient pas, c'est très clair sur son blog, allez donc le lire. Et ce qu'il dit n'est pas (totalement) faux - d'autant plus qu'il s'appuie sur une masse de citations.

Mais c'est incomplet. D'abord, on ne lit pas moins qu'avant. On lit plus. Si ce n'est qu'au lieu de lire dans des livres, on lit des pages web, - exactement comme vous êtes en train de le faire actuellement ! - Encore faudrait-il s'entendre sur ce qu'on veut dire en parlant de "lire"...
S'il s'agit de déchiffrer des caractères signifiant qui, assemblés, forment des phonèmes, permettant de transmettre et diffuser une information, alors, pas de panique à avoir donc.

Mais, pour les lecteurs invétérés - tel que votre servituer - de pages reliées, et si on entend par "lire" le fait de tenir un document imprimé en mains, alors pas de souci non plus à avoir, en effet, un autre article que j'ai déniché dans le même dossier de Books : Lire ou ne pas lire, là n'est pas la question, on y démontre que le marché du livre ne s'est jamais aussi bien porté qu'à notre époque - du moins dans certains pays... enjoy !

;-)


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lundi 7 septembre 2009

Google : vers un monopole des ressources culturelles orphelines..?

Il y a quelques jours, est apparu sur le web la traduction d'un texte de James Grimmelman, prononcé le 14 mars dernier à propos de l'affaire de l'action collective contre l'initiative Google d'indexer les oeuvres littéraires orphelines - action qui a eu pour conséquence de donner à Google les droits de mise en ligne des contenus intégrals de ces oeuvres dites orphelines ( un concept juridique concernant les textes qui ne sont pas encore tombés dans le domaine public, mais dont les ayants droits, - c'est-à-dire les détenteurs des droits d'auteur -, sont inconnus et introuvables ) qui sont épuisés en librairie.

Vous pourrez lire ici ce texte sur le billet : Google et l'Armée de Zombies Orphelins, mais, pour ceux qui sèchent dessus, voici ce qu'il faut en retenir :

  • certaines conséquences de cette action collective sont bénéfiques, telles que l'avancée culturelle permettant d'avoir accès à des textes introuvables en librairie - moyennant inscription payante ou abonnement.
  • Mais les résultats de cette action soulèvent beaucoup de problématiques
  • du point de vue du droit à la vie privée, cela équivaut à faire de Google un Big Brother qui ca bien évidemment being watching us. J'avais déjà parlé, il y a seulement quelques jours des moyens d'espionnage moderne, mis à disposition par le web, et cela risque de rejoindre ceci, puisque Google aura les moyens de savoir exactement qui lit quoi sur ses pages.
  • du point de vue du droit économique, cette action offre à Google une situation de monopole vis-à-vis de la mise en ligne de ces oeuvres, du moins pour un petit bout de temps, sinon pour de longues années... Suivant le point de vue optimiste ou pessimiste.
  • du point de vue du droit de la consommation, les lecteurs en ligne n'auront pas les mêmes garanties que les clients de librairies (ceci étant développé sur le blog d'origine, je n'entre pas dans les détails. Faites un effort et allez lire la traduction, que diable - ou même mieux, le texte original en VO ! )
  • du point de vue du droit de la propriété intellectuelle, un fonds de réserve est théoriquement réservé (pardon pour la redondance !) aux "parents" des oeuvres orphelines - sauf qu'étant donné qu'il est impossible de les retrouvés, cela revient à dire qu'ils ne toucheront jamais leurs droits !
  • du point de vue du droit civique, des tas de personnes à travers le Monde, sont concernés par cette loi, sans même le savoir. Ils l'ignorent totalement, mais je n'irait pas jusqu'à dire qu'ils l'ignorent joyeusement...
  • la procédure utilisée est une perversion du système, car elle n'est pas destinée à un cas de ce genre et met en danger le principe démocratique (bien que là, je trouve que l'auteur va un peu loin dans son jugement... Mais il faut être juriste pour comprendre.)


A ceux qui s'intéressent à ce genre d'actions collectives, je recommande une lecture qui m'avait passionnée lors de mes études de Droit :
La Transaction, de John Grisham.( l'auteur de La Firme, l'Affaire Pélican, l'Idéaliste, ...)


Une dernière question : rejoindrez-vous l'Armée des zombis..?

samedi 5 septembre 2009

retour sur la cartographie heuristique !

Les schémas heuristiques et autres MindMap semblent se développer plus vite que je ne le croyais sur le Net, et il semblerait qu'est en train de se former une certaine culture des schémas heuristiques.

Voici donc quelques liens que j'ai glanés ou découverts par hasard (vive la sérendipité ) :




http://www.petillant.com/ : le site expert de la carte heuristique ( Mind Mapping )

http://www.heuristiquement.com/ , un autre site de référence.

http://pratic.ens-lyon.fr/taxonomies/cartes-heuristiques : l'Ecole Normale Supérieure de Lyon propose quelques cartes heuristiques à propos des sciences naturelles.

http://neocogit.blogspirit.com/ blog sur les cartes sémantiques cette fois-ci (une variante donc, des cartes heuristiques)

http://www.thinkgraph.com/ et toujours ThinkGraph, le logiciel de cartographie heuristique
(voir mes billets précédents concernant la catégorie "cartographie conceptuelle" )..!

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et encore :

http://www.efh.fr/Decouvrir-la-demarche_r12.html : l'Ecole Française de l'Heuristique,

http://www.signos.fr/v2/portail~Definition-Carte-Heuristique~Carte-Heuristique.html, signos : formation à la carte heuristique et conceptuelle ; définition et utilisation de l'outil.

http://www.mapping-experts.fr/ blog international consacré aux cartes heuristiques, créé par l'École Française de l'Heuristique.

http://www.mindmanagement.org/ : site d'une association qui promeut l'heuristique.

http://www.ibermapping.es/index.php?option=com_content&task=section&id=3&Itemid=74, bibliographie à propos de l'outil qui sert pour apprendre à apprendre...

http://www.wikidraw.com.ar/Vinculo?uri=http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_heuristique, schéma heuristique sur le schéma heuristique ( si on peut parler de schéma méta-heuristique, ça doit être çà..! )

http://nathalierun.net/PenseeLibre/MindMapping/ : Et encore une définition... heuristique !


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Le blog s'améliore (un peu..!)

Je viens d'ajouter trois fonctionnalités : d'abord une liste de quelques blogs "automatiquement évolutive" ; je m'explique : les blogs sont classés dans l'ordre chronologique selon les dernières mises-à-jours et publications : donc vous aurez en tête de liste les blogs sur lesqeuls il y a les messages les plus récents.

Ensuite, j'ai enfin ajouté le widget permettant de s'abonner au flux de mon blog (pour les rares que cela intéresseraient !) et enfin, directement en dessous, quelques flux rss d'autres blogs. Pour ne pas encombrer, il m'a fallu faire une sélection drastique... Donc uniquement trois blogs ont été retenus, et j'ai privilégié le thème originel du blog - c'est-à-direla veille documentaire... Donc pas de BD, ...

Ceci dit, si cela fonctionne et que je reçois des demandes (ce doute je doute quand même un peu...) j'ajouterais une nouvelle colonne de widgets de lecteurs rss concernant les BD, voilà, vous êtes prévenus, si vous êtes flics, vous ne pourrez pas m'arrêter : car on n'arrête pas le progrès !

vendredi 28 août 2009

Les services de Renseignements du futur : la nouvelle culture identitaire !

En licence d'Histoire, on apprend des choses intéressantes ; par exemple en histoire des idéologies contemporaines, on a étudié la condition des étrangers en France... Il y a un moins d'un siècle ( c'est à dire dans les années 30 ) la condition principale, c'était d'être fiché dans ce qu'on appelait le "Grand fichier Central" de ce qui allait devenir plus tard les RG (les anciens Renseignements Généraux) en 1937.
Ce Grand Fichier s'est perdu durant la IIe Guerre Mondiale, puis a été (partiellement) retrouvé, dont une bonne partie chez les russes (qui nous y ont donné accès depuis quelques mois !) Seuls les étrangers qui étaient "fichés" pouvaient obtenir un titre de séjour, et ils avaient l'obligation de porter une carte d'identité (c'était, je le rappelle, à l'époque où les citoyens Français, eux, n'étaient pas obligés d'en avoir - et n'en avaient donc pas.)

Aujourd'hui, tout ça, c'est obsolète. D'abord, parce que tout est numérisé, ensuite parce que les gens se fichent eux-même joyeusement. Et dans un enthousiasme tout-à-fait candide !
Il suffit de se connecter sur Facebook pour avoir des fiches. Certains pensent que leurs données sont à l'abri, parce que les options permettent de régler quelles sont les informations visibles par les internautes. Les visiteurs n'ont donc accès qu'aux infos qu'on veut bien leur donner (dommage pour les sociétés de recrutement !)
Ils oublient de se poser une question pourtant importante : "mais alors, d'où viennent les courriels "spams" que je reçois à mon adresse électronique ?". Je les rassure, pas de Facebook : le site n'a pas de butg lucratif ou commercial (du moins pas encore... On se demande jusque quand ça va durer !) Le problème vient de ce que - à défaut de Facebook lui-même - des sites de réseautage social similaires ne se privent pas de faire parvenir vos infos à des "sociétés partenaires" (c'est-à-dire toute société qui soutient financièrement ce site - en clair il suffit de payer pour avoir accès à vos infos !)

Notez bien, cependant, que les dérives et les excès ne sont pas unilatéraux : ainsi je me souviens d'un affaire concernant Reseaucampus, un site de réseautage étudiant 100% français.
Des membres avaient envoyé des pétitions en masse afin de pourrir l'adresse courriel d'un des fondateurs-administrateurs du site, afin d'exiger de cacher leurs infos ! Pourquoi est-ce absurde, me direz-vous, que des gens veuillent protéger leurs données (alors que celles-ci n'étaient déjà visibles que des membres inscrits sur le site, s'ils réglaient bien l'option adéquate !) ? C'est pourtant ce que prône ce billet : faire prendre conscience aux gens qu'ils laissent traîner (quand ce n'est pas qu'ils les offrent généreusement !) leurs données personnelles !

...Oui mais :
1°/ Quand on s'inscrit sur un site de réseautage social, c'est pour faire des rencontres, c'est complètement antiproductif de s'inscrire sur un tel site, si c'est pour cacher ses infos à tous sans restrictions ! Autant ne pas s'y connecter. Si c'est juste pour se fabriquer un aide-mémoire personnel, un papier format A5, soigneusement rangé au fond d'un tiroir, c'est aussi bien. Un site de réseautage social sert, comme son nom l'indique, à mettre des gens en contact. Si vous ne voulez partager aucune info, à quoi ça sert ?
Ici, on tombe dans l'excès contraire : filtrer ses données personnelles - et être circonspect voire prudent - n'empêche pas de faire preuve d'un peu de logique et de bon sens : il y certaines infos qui ne valent rien. Si vous aimez regarder le foot à la télé par exemple, pourquoi cacher aux gens que vous venez grossir d'un milliardième la statistique des gens qui aiment effctivement ça ?

2°/ les infos sur ce site étaient, de toute façon, déjà protégées ( et même mieux que sur Facebook, proportionnellement !)

Notez qu'il y a des gens qui, eux, ont compris l'utilité de laisser traîner certaines infos, et font de la réclame pour leur boutique de laves-vaisselle en créant une fiche sur Facebook, c'est avant-gardiste !
Personnellement, je n'irais pas spécialement chez un boulanger qui habite deux fois plus loin de chez moi, juste parce qu'il a une page sur FB, mais bon, c'est de la psychologie d'entrepreneur, 'faut pas chercher à comprendre !

Et que diront-nous donc de Twitter, un site qui (à moi personnellement...) m'apparaît comme inutile, mais qui permet à n'importe quelle société (voire même une police étrangère, qui sait ?) de suivre au jour le jour vos passionnantes activités quotidiennes !
Oui, vraiment, on peut dire qu'aujourd'hui, le Grand Fichier Central est définitivement obsolète !
Je n'ai qu'une seule question : comment ferons les historiens pour consulter les archives et écrire leurs biographies des grands de ce monde, quand Facebook, Twitter & compagnie auront disparus pour laisser à la place à d'autres merveilles avant-gardistes que le ouèb du futur nous réserve..?